French Tech, Interview d’Axelle Lemaire

French Tech : une dynamique entrepreneuriale, sociétale et économique est en marche !   Au total, ce sont 9 Métropoles French Tech qui ont été labellisées en 2014, 4 autres Métropoles qui ont été labellisées en juin 2015, plus 4 écosystèmes thématiques labellisés aussi en juin 2015… Interview d’Axelle Lemaire, Secrétaire d’Etat au numérique.   A-t-on une […]

Axelle LEMAIRE - Photo officielle

French Tech : une dynamique entrepreneuriale, sociétale et économique est en marche !

 

Au total, ce sont 9 Métropoles French Tech qui ont été labellisées en 2014, 4 autres Métropoles qui ont été labellisées en juin 2015, plus 4 écosystèmes thématiques labellisés aussi en juin 2015… Interview d’Axelle Lemaire, Secrétaire d’Etat au numérique.

 

A-t-on une vision du nombre d’entreprises qui sont actuellement suivies et de leur domaine d’activité (industrie, services, commerce, agriculture…) ?

Après une première vague de labellisations en novembre 2014 et une seconde en juin 2015, nous avons contribué à identifier et fédérer 13 métropoles dynamiques en matière de startups, auxquelles sont associés 4 écosystèmes thématiques. Les acteurs, qui sont majoritairement des entrepreneurs, ont élaboré ensemble un projet en faveur de la croissance de leurs jeunes pousses.

L’enjeu est bien de soutenir l’innovation là où elle se trouve, et de faire en sorte qu’une entrepreneure ou un entrepreneur puisse bénéficier dans chacun de ces écosystèmes d’un environnement favorable à la création, puis au développement de son entreprise, en ayant à proximité ce dont il a besoin pour sa croissance.

Ce réseau de Métropoles French Tech est fortement interconnecté, pour que les écosystèmes territoriaux puissent partager les expériences et les pratiques, à Paris et à l’international. La Halle Freyssinet qui ouvrira en début d’année prochaine sera le plus grand incubateur du monde de startups, en capacité d’accueillir en son sein un millier de startups venues du monde entier, et d’asseoir ainsi la place de Paris et de la région Ile de France en tant que capitale européenne des startups.

En ce qui concerne les secteurs d’activité concernés, il faudrait plutôt se poser la question de ceux qui ne le sont pas : le numérique est par définition un espace transverse, et l’innovation numérique affecte par exemple aussi bien les transports, l’éducation (EdTech), ou encore la santé (Medtech) et la finance (Fintech)….

Quel est le coût de ces investissements ? Et pourquoi cela vaut-il la peine d’investir dans ce domaine ?

Pour illustrer la nécessité de soutenir et d’investir dans le numérique, je prendrais un simple exemple : selon l’étude « Gafanomics » de Fabernovel publiée en novembre dernier, en juillet 2014, la capitalisation boursière des quatre GAFA (Google Amazon Facebook Apple) était inférieure de 300 milliards de dollars à celle des sociétés du Cac 40. Un an plus tard, cette même valorisation était supérieure de 200 milliards.

Soutenir les startups de la French Tech aujourd’hui, c’est faire émerger les champions mondiaux de demain, en capacité de créer de l’emploi ici en France. C’est aussi contribuer à la transformation numérique des grands groupes français, dans une dynamique d’innovation ouverte, qui renouvelle les relations entre startups, grands groupes et entreprises de taille intermédiaire.

Cet investissement, il est immatériel et matériel. Immatériel car la French Tech est avant tout une marque collective appropriable par les premières et premiers concernés, à savoir tous ceux qui travaillent pour ou dans une startup, en premier lieu les entrepreneuses et entrepreneurs. Matériel car la French Tech renvoie à un bouquet de dispositifs concrets pour accompagner le développement de nos jeunes pousses, à tous les stades de leur développement.

Je prendrais deux exemples parmi d’autres : les bourses d’amorçage French Tech de 30 000€ destinées à soutenir l’innovation sous toutes ses formes, ou encore le fonds French Tech accélération, doté de 200 M€ de fonds propres, que nous avons destiné à soutenir les accélérateurs privés, notamment dans les métropoles French Tech.

Ces dispositifs sont mise en œuvre par BPIFrance et se conjuguent à l’ensemble des aides à l’innovation mis en œuvre par les pouvoirs publics. Ainsi, 1,1 Md€ ont été octroyés par BPI en 2014 pour des start-ups, PME et les ETI.

Il faut souligner qu’un territoire investit dans la French Tech parce que cela fait sens localement : cela n’a aucun caractère obligatoire ou imposé, c’est une dynamique qui vient des besoins locaux et qui sert les besoins locaux.

(Portraits Axelle Lemaire Jul2015) Axelle Lemaire (21)

En quoi le ‘service’ offert par les réseaux locaux French Tech est-il spécifique par rapport aux CCI ? N’est-ce-pas juste un dispositif de plus ?

Il serait inexact de décrire la French Tech comme « un dispositif public supplémentaire ». Les métropoles French Tech sont avant tout des réseaux de gens motivés. Une des raisons du succès de la French Tech est justement d’être au cœur d’une dynamique commune portée par les entrepreneuses et les entrepreneurs présents dans les territoires. L’ADN de la French Tech, sont les projets portés par ces femmes et ces hommes pour la croissance de leurs startups. Ils sont les meilleurs juges de la plus-value de cette marque partagée.

C’est en tout cas ce qui me frappe le plus lors de mes déplacements dans les territoires : au fond, qui mieux qu’un(e) entrepreneur(euse) expérimenté(e) pour savoir ce qu’il faut mettre en place pour accompagner les jeunes pousses d’un même territoire, ou encore pour identifier les leviers capables de faciliter leur développement et leur internationalisation.

 

De plus, il est important de préciser que la French Tech ce n’est pas uniquement le numérique. C’est avant tout les startups. La plupart des startups ont une composante numérique, mais il y a aussi des startups non numériques, dans les Biotech ou Cleantech industrielle, de même qu’il y a des entreprises numériques non startups telles que les SSII.

 

Je veillerai à ce que la French Tech soit toujours dynamique et utile pour les start-uppers car le seul objectif de la French Tech, c’est de servir les entrepreneurs et de fédérer l’écosystème. Si cela mène à une nouvelle structure para-publique en région, le but n’est pas atteint. C’est pourquoi nous sommes très vigilants sur les labellisations pour nous assurer que les projets sont portés par les entrepreneurs.

 

On sent une dynamique particulière autour de la French Tech et la volonté de faire du ‘digital’, le fer de lance de l’innovation en France. En quoi selon vous la France se démarque sur ces activités par rapport aux autres pays du monde ?

Je crois que la France a au moins trois atouts maitres en matière de numérique… un mot que, en tant que franco-québécoise, je ne peux que privilégier.

D’abord, notre pays forme de nombreux ingénieurs et chercheurs d’excellente qualité et bénéficie d’une longue liste d’inventeurs et d’innovateurs. On a pu oublier cette qualité humaine en se concentrant, ces dernières années, sur des « projets » plutôt que sur des personnes. Il faut y revenir et c’est un capital humain que tous les autres pays nous envient.

Ensuite, ces start-ups peuvent s’appuyer sur des grands groupes puissants, présents sur les 5 continents, et qui sont une réelle force s’ils deviennent une rampe de lancement pour les entreprises innovantes. C’est pour cela que j’ai lancé en décembre dernier l’Alliance pour l’Innovation Ouverte, un nouveau cadre destiné à faciliter les relations et la coopération entre startups et grands groupes.

Enfin, la France a un positionnement d’excellence mondiale sur certains secteurs à fort potentiel de développement, et je pense notamment aux objets connectés. C’est une des raisons pour lesquelles la France a été particulièrement remarquée au Consumer Electronic Show l’année dernière. Cette révélation s’est confirmée cette année, avec pas moins de 190 start-up de la French Tech présentes, dont 130 dans l’Eureka Park, soit le double de la présence française en 2015.

Il y a maintenant des hubs internationaux pour accélérer le développement économique de nos start-up à l’export et attirer des start-up étrangères en France : sur quelles structures à l’étranger s’appuie ce dispositif ? Qui a accès ? Comment ?

L’international est bien sûr une priorité pour la French Tech car nos startups pensent « global » dès leurs premières étapes de développement et qu’il faut leur donner une visibilité mondiale. Cette stratégie d’attractivité, les anglo-saxons le font très bien et, pour une fois, nous mettons en place une stratégie similaire au service de nos entreprises innovantes.

Les French Tech hubs sont le pendant à l’étranger des métropoles French Tech, en ce qu’ils reposent sur la mobilisation d’une communauté d’entrepreneurs français porteurs d’un projet commun. De manière très concrète, ces écosystèmes fonctionnent comme de véritables têtes de pont de la French Tech à l’international, en fournissant un réseau et des contacts privilégiés à nos entrepreneurs (euses) désirant s’implanter ou démarcher dans le monde entier.

A ce stade, nous avons déjà labellisé un réseau mondial de 11 French Tech Hubs : San Francisco, Tokyo, Israël, Barcelone, Montréal, Moscou, Honk-Kong, Abidjan, Londres, Cape Town, et New York. Une seconde vague de labellisation aura lieu très prochainement.

Pour paraphraser Marc Andreessen, « the French Tech is eating the world » !

 

Plus d’infos : www.lafrenchtech.com

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