La Finance Responsable ? 750 milliards d’euro, l’équivalent de 20% des actifs gérés en France

On le pressentait, mais les chiffres le confirment ! Les investissements responsables ont le vent en poupe et concernent de plus en plus les investisseurs qui y voient un investissement d’avenir : tant sur le plan sociétal que sur celui de la rentabilité. Rencontre avec Grégoire Cousté, Délégué Général du Forum pour l’Investissement Responsable (FIR). Alors que […]

logo_FIROn le pressentait, mais les chiffres le confirment ! Les investissements responsables ont le vent en poupe et concernent de plus en plus les investisseurs qui y voient un investissement d’avenir : tant sur le plan sociétal que sur celui de la rentabilité. Rencontre avec Grégoire Cousté, Délégué Général du Forum pour l’Investissement Responsable (FIR).

Alors que plusieurs scandales agitent le monde économique, la marée noire de Deep Water Horizon dans le golfe du Mexique en 2010, l’effondrement du Rana Plaza au Bangladesh en 2013 qui a fait plus de 1200 morts et plus récemment le Volkswagen Gate, l’investissement responsable poursuit sa progression et démontre sa pertinence. Aujourd’hui, notre pays apparaît comme fer de lance de l’investissement socialement responsable en Europe, grâce à la dynamique des acteurs et l’implication des pouvoirs publics, au travers notamment du lancement de deux labels dédiés.

Le premier label ISR est la propriété du Ministère de l’Economie et des Finances, il peut être attribué par les cabinets d’audit AFNOR et ERNST & YOUNG qui eux mêmes sont certifiés pour auditer les fonds candidats. Pour être labellisé il faut respecter un cahier des charges strict qui comporte notamment des obligations de transparence et de communication avec des indicateurs sur les trois piliers de l’investissement responsable : l’environnement, le social et la gouvernance.

Le deuxième, le label TEEC est propriété du Ministère de l’Environnement et concerne lui plus particulièrement la transition énergétique. Ces deux nouveaux labels soutenus par les pouvoirs publics viennent remplacer les labels ISR et Fonds Vert de Novethic dont l’usage reste possible jusqu’à fin 2016.

La France s’est aussi dotée d’un arsenal législatif, à travers l’Article 173, qui fait obligation aux entreprises et investisseurs de mettre au grand jour leurs pratiques en termes de politique climatique et de responsabilité sociétale. « L’article 173-VI de la loi relative à la Transition Énergétique pour la Croissance Verte représente une innovation réglementaire majeure pour la lutte contre le changement climatique et la prise en compte des enjeux du développement durable par les investisseurs. Dès 2016 son impact sera visible.  Cette loi est fortement incitative puisqu’elle oblige à déclarer comment sont pris en compte les enjeux climatiques dans les stratégies d’investissement, mais elle n’oblige pas à faire. Or, aujourd’hui il est difficile d’affirmer ne rien faire sur des thèmes aussi important… » explique Grégoire Cousté, Délégué Général du Forum pour l’Investissement Responsable.

Le FIR rassemble tous les acteurs de l’investissement responsable : investisseurs institutionnels, gestionnaires d’actifs, agences de notations, consultants, associations, syndicats, avocats, chercheurs… – qui souhaitent développer l’investissement responsable et ses meilleures pratiques. Les investisseurs responsables souhaitent limiter les risques liés à des comportements potentiellement délétères des acteurs dans lesquels ils investissent, mais aussi participer positivement aux réponses développées par certains pour répondre aux grands enjeux sociétaux. Au travers de ces investissements, ils visent la performance financière, qui selon les études académiques est bien au rendez-vous.

« Fin 2015 l’investissement responsable représente 750 milliards d’euros soit l’équivalent de 20% des actifs gérés sur la place de Paris. Au-delà des volumes, nous travaillons avec nos membres à l’amélioration constante des pratiques. Depuis 2015, nous prenons des positions sur certains sujets d’actualité qui font l’objet de textes législatifs. Par exemple, le FIR s’est prononcé récemment pour le vote contraignant des assemblées générales concernant la rémunération des dirigeants des entreprises.  Selon nous, la rémunération des dirigeants doit être établie de façon transparente et cohérente avec les performances de l’entreprise, en assurant la cohésion du collectif de travail dont le dirigeant est membre. » précise Grégoire Cousté.

www.frenchsif.orggregoire_couste

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